
Jeter les dés du désir
Il croit choisir et décider. Mais il est impuissant à gérer son destin. Il gère ses affaires de main de maître, mais les affolements de son coeur ne sont pas en son pouvoir. Même s’il aime à le penser.
Il cherche un peu de plaisir. Un peu plus intense qu’avant peut-être, car à force de croiser de jolies femmes, elles finissent par toutes se ressembler. Lorsqu’il la croise, elle, ce n’est pas sa beauté ou sa plastique imparfaite qui l’attire, c’est son regard et son humour.
Il ne le sait pas encore, mais il est déjà piégé. Embarqué sur les flots de sentiments qu’il voulait éviter.
Tout était joué avant qu’ils ne se parlent, avant qu’on ne les présente l’un à l’autre. Leurs énergies réunies dans le même lieu déjà s’attiraient…
Le reste a coulé de source : l’échange du premier regard, ils l’ont plus ou moins évité au milieu des mondanités. L’échange du second regard, un peu plus tard, fut plus intense : dans leurs yeux les promesses de leur histoire était écrites. Mais qui apprend à les lire ?
Les voilà installés au milieu de cette tablée, entourés de quelques amis. Ils ne se connaissaient pas deux heures plus tôt, mais, assis l’un près de l’autre, il y a comme une évidence.
Elle ne prend pas la peine d’user des artifices féminins pour séduire un homme : elle ne joue pas les ingénues, ni les femmes fatales. Elle ne se trémousse pas, prend à peine le temps de le regarder. Ils sont installés l’un près de l’autre : leurs jambes se touchent, mais cela n’a rien d’érotique en soi. Ils sont simplement vrillés l’un à l’autre. Attachés. Pris au piège.
Il ne fait rien non plus : il reste lui-même et elle ne pense à aucun moment à le jauger. Il est là au naturel, cela tombe bien : elle aussi. Ils sont brillants, font rire la galerie, échangent des regards complices…
Les voilà sur le départ….
Il lui demande son numéro de téléphone.
Elle ne se demande même pas si oui ou non il va l’appeler. Et quand. Et pourquoi faire.



j’aime bien le “à force de croiser de jolies femmes, elles finissent par toutes se ressembler”.
Super texte, inspiré et inspirant
” dans leurs yeux les promesses de leur histoire étaient écrites. Mais qui apprend à les lire ? ” c’est magnifique !